À la base un constat consternant : le pourcentage d’autonomie alimentaire des 100 premières aires urbaines en France s’élève à seulement… 2 ! Face à cette triste réalité, la municipalité d’Albi a décidé d’agir et de ne croire pas en la fatalité.

Albi, cap vers l’autosuffisance alimentaire - crédit photo : SergiyN/fotolia
Albi, cap vers l’autosuffisance alimentaire – crédit photo : SergiyN/fotolia

Un ambitieux projet

En 2014, les édiles d’Albi annonçaient un ambitieux projet : atteindre l’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2020 pour les 50 000 administrés avec des denrées (fruits, légumes, céréales, viandes…) produites dans un rayon de 60 km. Une hérésie ? Non un pari sur l’avenir, une envie de changer la donne et d’agir concrètement.

Une mairie très impliquée

La mairie s’est adjoint les services et compétences de l’association « les incroyables comestibles ». Ce mouvement citoyen d’agriculture urbaine participative venue d’Angleterre invite -et soutient- les habitants à planter des légumes dans tous les emplacements possibles et imaginables -voire même inimaginables- en ville. Peu à peu des petits espaces cultivables ont vu le jour dans la cité albigeoise. La municipalité utilise son droit de préemption pour réserver des terrains non constructibles afin de les allouer pour des sommes modiques à des maraîchers. Ces derniers devront suivre scrupuleusement un cahier des charges rigoureux : produire du bio ou en mode agriculture raisonnée et respecter des circuits courts. De nombreux acteurs réfléchissent à la mise en œuvre d’une production locale, soucieuse de l’environnement et s’impliquent dans cette démarche remarquable : la chambre d’Agriculture, le lycée professionnel agricole, l’école des Mines d’Albi, la cuisine centrale, des associations locales… Les acteurs de la grande distribution ne sont pas oubliés et sont également sollicités pour apporter leur pierre à cet édifice pour le moins singulier et audacieux.

Des échéances proches…

Si les échéances semblent difficiles à tenir, il n’en demeure pas moins que les choses avancent, trop lentement selon certains. Peu importe, l’essentiel réside dans cette mobilisation de divers acteurs, dans cette foi dans ce projet novateur qui peu à peu s’enracine et dans le changement des mentalités et des habitudes. Pour preuve d’autres villes, parmi lesquelles une des capitales historiques de la Bretagne, Rennes, se lancent dans cette belle et noble aventure.

À notre tour, faisons nôtre, la célèbre phrase de Mark Twain, le père de Tom Sawyer, « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait ! ». Ouvrons des portes, bougeons les lignes et amorçons un mouvement pour favoriser à notre niveau une consommation locale et pourquoi pas participer à une véritable révolution sociétale ?

Article écrit par Virginie Monluc

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