Les Vins de Pays charentais, ça vous parle ? Le Cognac (72 000 ha) et le Pineau (3000 ha) occupent une place majoritaire sur le marché. Mais depuis quelques années les Vins de Pays Charentais se développent pour atteindre 1400 hectares de vignes, plus de 600 producteurs et une qualité certaine.
Ce sont avant tout des vins plaisirs, comme nous le rappelle le syndicat des vins de pays charentais. Proche des vignobles bordelais et nantais, les viticulteurs charentais se donnent le challenge de faire connaître leurs vins de pays. Majoritairement vendus en production locale pour le moment, les viticulteurs espèrent une reconnaissance de leur travail pour pouvoir exporter leurs vins dans toute la France. En attendant l’apparition des vins charentais dans nos restaurants parisiens préférés, n’hésitez pas en ramener quelques bouteilles pendant vos vacances estivales !
Et maintenant, suivez-moi en Charente, à la rencontre de quelques vignobles…
LE DOMAINE DE LA CHAUVILLIÈRE, PAR ÉRIC ET MAX HAUSELMANN
Comme souvent dans le milieu, c’est une histoire de famille. Deux frères, Éric et Max Hauselmann, s’occupent actuellement du domaine. Les terres se partagent entre céréales et vignes ; le vignoble entre Pineau, Cognac et vin de pays. Dès 1981, les premiers cépages de Sauvignon et de Chardonnay sont plantés pour commencer la production de vins blancs. Les vins rouges arriveront en 1988. Aujourd’hui c’est près d’1/3 du vignoble qui est consacré au vins de pays charentais.
Leur père est à l’origine de cette conversion. Avec un marché du Cognac difficile (96% de la production exporté, une faible consommation française) et une région favorable à la culture de la vigne, la production de vins de pays s’est imposé comme une évidence. Il a, autres autres, participé à créer le syndicat des vins de pays charentais. Aujourd’hui Jean-Jacques Hauselmann, frère de Max et Éric, travaille également au syndicat.
La fabrication du vin
L’Indication Géographique Protégée (IGP) obtenu en 2009 ajoute des contraintes à la production. Les vignes ne doivent pas dépasser un rendement de 90 hecto / hectares. La taille des vignes permet de conserver les meilleures grappes et avoir un jus de qualité. Dans le domaine de la Chauvillière, le jus de raisins est pressés et transformés sur place. Voici les étapes essentielles :
– culture des vignes : apport de potasse, de composts, divers traitements anti-mildiou par exemple
– taille des vignes : passage dans les vignobles pour accrocher les jeunes pousses sur les fils de fer puis suppression des grappes de raisins en excès
– vendanges : récolte des raisins, aux alentours du 15 septembre, à l’aide d’une machine tractée
– extraction du jus de raisin : les grappes sont foulés (écrasement du grains de raisins) et pressés (séparation du jus et de la peau) à l’aide d’un pressoir pneumatique. Une grappe de raisin mûre est pleine de sucres naturels et de levures indigènes vivant sur la surface de la peau. Dès que la peau éclate, la fermentation commence.
– fermentation : transfert dans des cuves de vinifications dont la température est réglée par des radiateurs pour contrôler la fermentation. Les citernes peuvent être en inox ou en béton.
– passage en chai de vinification : avec une température d’environ 27°C pour les rouges et inférieure à 20°C pour les blancs
– puis passage en chai de stockage avant la mise en bouteille
Riche de leurs 30 ans d’expérience, le domaine de la Chauvillière propose des vins de pays charentais de qualité. Si vous passez dans la région, faites donc un détour pour déguster leur production !
Domaine de la Chauvillière
Éric et Max Hauselmann
Chemin de la chauvillière
17600 Sablonceaux
www.domainedelachauvilliere.com
LE DOMAINE DES CLAIRES, PAR JONATHAN GUILLON
Ces dernières années, nombreux sont les viticulteurs à convertir une partie de leur production de cognac en vins de pays charentais. C’est le cas du jeune Jonathan Guillon qui, à 25 ans, reprend les commandes de l’entreprise familiale aux côtés de son père, après avoir suivi une formation d’œnologue.
La restructuration a commencé en 2008 avec la plantation de nouveaux cépages. Les aménagements des chais de vinifications sont en cours, pour accueillir la production dans des cuves adaptées. Les vignes sont cultivées en agriculture raisonnée : un champs sur deux est labouré, l’autre est enherbé pour favoriser la vie microbienne du sol. Les jeunes plantations sont cultivées sans désherbant pendant les 5 premières années dans l’idée de supprimer totalement le désherbage chimique pour les vignes en place. Les traitements phytosanitaires sont ajustés en fonction de la pression parasitaire.
Vous pourrez également vous arrêter pour goûter aux vins blancs, rouges et rosés, qui viennent compléter les pineaux et cognac.
Domaine des Claires
T. & J. Guillon
2 rue des Tonnelles
17530 Arvert
www.domainedesclaires.fr
DOMAINE BLANCHARD, VINS DE PAYS CHARENTAIS BIO PAR SOPHIE BLANCHARD
Autre balade intéressante dans le vignoble de la famille Blanchard : Jacques Brard Blanchard a décidé de convertir son vignoble en bio après avoir développé une allergie à l’un des produits de traitements conventionnels. Un choix pour sa santé, celles des employés et de la terre. Les vignes sont donc cultivées selon un cahier des chargés stricts, qui interdit par exemple les désherbants, engrais chimiques ou autres traitements “phytosanitaires”.
Le vignoble comprend 10 cépages différents. Sophie Blanchard, qui a repris l’entreprise familiale, nous explique en explique le fonctionnement. Pour entretenir les vignes, ce sont avant tout des traitements naturels préventifs (cuivre, mélange argile-souffre-fenouil, purin d’orties) et de l’enrichissement du sol par l’apport d’engrais verts (des plantes sont semées entre les rangs, comme les coquelicots, pour structurer le sol et apporter des sels minéraux de manière naturelle). Les mauvaises herbes qui poussent donnent des indications indispensables sur la nature du sol : par exemple, la présence de chardons en excès révèlent un sol trop compact.
Chaque parcelle est récoltée à la main, lorsque les raisins sont à maturité. Les vendanges sont faites le matin pour les vins blancs, afin de conserver la fraîcheur des grains de raisins. Alors qu’elle sera plutôt faite dans l’après-midi pour les rouges, pour avoir une fermentation spontanée.
Le mode d’agriculture biologique est beaucoup plus sain pour le terroir et les viticulteurs. Cependant il demande une rigueur bien plus grande pour la fabrication du vin. Il n’est pas possible d’ajouter de souffre lors de la vinification, aussi les vins ne se conservent pas dans le temps et doivent être consommés dans l’année. La récolte n’est pas à l’abris des maladies, comme en 2008 ou un mildiou persistant à fait perdre la moitié de la récolte. Le viticulteur doit vraiment être passionné pour poursuivre dans cette voie. Je respecte et j’encourage vivement ce type de démarche !
Domaine Brard Blanchard
1 chemin de routreau
16100 Boutiers-Saint-Trojan
www.brard-blanchard.fr
AUTRES BONNES ADRESSES
Parce qu’il est difficile de parcourir l’ensemble des terres à la rencontre des viticulteurs passionnés, je vous mets ici une liste de vignobles que je vous conseille sans hésiter !
– Domaine de Montizeau, Thierry Jullion, 17520 Saint Maigrin, 05 46 70 03 73
– Domaine de Grollet, Maison des Maines, Au Malestier – BP 46, Rte de Juillac Le Coq, 16130 Segonzac, www.domaine-du-grollet.fr
– EARL Roland Vilneau, Le Breuil – Rue St-Vincent, 16140 Verdille, 05 45 21 34 43 (ne manquez pas le Chardonnay “Délice des pierrières, un vin doux légèrement sucré absolument délicieux !)
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Pour “Les vins de pays Charentais : découverte d’un vignoble prometteur !”